Témoignage


Le Village Western possède cette âme particulière, qui donne à certains établissements un cachet, une singularité, une originalité, voire un statut d’exception. Bref cette sorte de personnalisation du lieu qui lui confère son unicité. Ce Village n’est pas un complexe né de la rencontre d’un fond d’investissements et de la sphère marketing, mais de celle d’individus complémentaires à l’idéal commun et à l’objectif solidaire.

Ainsi est née cette philosophie personnelle, identifiée, qu’il ne convient pas d’exposer en termes techniques, mais humains. Liée à l’histoire du lieu, à l’histoire de ses protagonistes, elle est une saga faite de rebondissements, de joies, d’idéaux et de souffrances.
C’est pourquoi, il apparaissait incontournable de vous raconter l’histoire, la petite histoire, le ruisseau alimentant le grand cours de celle des hommes.

Peu de gens savent qu’en fait, à l’origine du Village Western, il y a le concours de plusieurs événements personnels et professionnels.
Au tout début il y a la volonté de ne pas voir disparaître un petit établissement familial bourré de souvenirs de vacances dont j’ai hérité. Cette décision de me mettre au vert “foncé” à Hourtin peut sembler surprenante et radicale, mais, avec du recul, il m’était déjà nécessaire à l’époque, de m’engager dans une démarche intérieure de construction d’un idéal. J’avais également besoin de place, de beaucoup de place, afin de contraster avec l’effervescence Parisienne à laquelle j’avais été habitué pendant mes 25 premières années. Exit les perspectives professionnelles parisiennes, Hourtin correspondait à ce vers quoi j’aspirais… : défi et “rehab”…

Les départs bucoliques en Médoc m’ont rapidement fait déchanter. Chaque territoire mérite d’être connu, mais l’on en connaît bien les caractères que lorsque l’on vit et travaille avec les natifs, leurs habitudes surtout ici, en Médoc… Parachuté de la Ville au Sud Ouest, avec des connaissances “inutiles” pour ici, sans métier… bref un “estranger”.
De cette intégration un peu difficile, liée à mes origines “parigotes”, à ma jeunesse et à mes responsabilités, criblé de dettes du fait de la succession, Martin, l’ouragan, en a fait un cauchemar un certain 27 décembre 1999…
La léthargie et l’horreur avaient envahie la paisible citée d’Hourtin : bagarres au seul poste de distribution d’eau potable sur la place de l’église, magasins dévalisés, hacking sur l’essence… une vision apocalyptique, un décors de guerre.
Coup sur coup se présentaient ce qui souvent justifie, pris individuellement, la fin d’une entreprise: une succession non soldée et une catastrophe naturelle ! Bilan : 27 ans, plus de 3 millions de Francs de dettes… et l’Oscar de l’établissement touristique le plus touché d’Aquitaine…

Fini la construction de l’idéal personnel, place à la reconstruction ! Agir ou disparaître : peut-être les deux à la fin ! Pleurnicher ? Abandonner ? Partir ? Rentrer à Paris ? non, non, et non ! Tel Paul Muad’dib dans Dune de F. Herbert, hors de question de se laisser grignoter par la peur, “Petite mort de l’esprit”. L’inconnu était devant nous, et le choix de l’action était fait.
Avec ma femme, Valérie, ma sœur, Stéphanie, et Thierry, nos volontés se sont unies pour déblayer, réparer, reconstruire avec la sueur de notre front, à défaut de numéraire, puisqu’aucune banque ne souhaitait financer un champ de ruine et que les assurances ne couvraient pas l’intégralité des dégâts.
“Nécessité est souvent mère de créativité” (Les quatre filles du Dr March) : chez nous cela a été le cas. A force de persévérance, nous avons pu rouvrir dès l’été 2000 et le self made man était né…

C’est cette expérience qui nous a, par la force des choses, obligés à utiliser des outils désuets et des techniques anciennes faute d’argent pour financer le matériel approprié. Au delà des tronçonneuses, parfois coincées dans les chablis, le retour à la hache, aux palans à défaut d’engins de travaux publics, au “palote” pour retourner les grumes de pin… Leur utilisation nous a amené à réfléchir sur la pertinence des enchaînements de nos actions. Nous avons dû apprendre également à recycler certains matériaux, à tirer parti des ressources de notre environnement, à réfléchir toujours en conditions réelles pour un résultat sans erreur possible, car notre succès était la condition sine qua non à notre survie.…
Forts de cette humilité et des apprentissages acquis, nous nous sommes forgés un mental d’acier. Rien ne paraissait inconcevable, que ce soit l’aménagement de ce qui allait devenir le Village Western ou l’acquisition de métiers qui allaient nous être nécessaires pour son développement. J’ai appris à cette époque qu’une mauvaise question est celle que l’on ne pose pas, et qu’aucune idée, aussi farfelue soit elle ne doit être écartée sans avoir été mûrement réfléchie.
Par la même occasion, face à ces difficultés, nous avons également forcé le respect des autochtones Hourtinais, et gagné les points de notre intégration, qui trouvaient cette jeune équipe un peu loufoque !
Nous avons donc débuté cette ensorcelante histoire, tel le “self-made man” ayant acquis son statut social sur son mérite, en partant de rien ou avec peu de chose, en puisant ses ressources dans son savoir, son courage et sa persévérance.

En plus, tous les ingrédients de l’Ouest américain se mariaient pour justifier la philosophie de notre approche :
– Un territoire préservé avec une densité au kilomètre carré quasi vierge, à l’Ouest… aussi.
– Une urbanisation faible à l’époque
– Un territoire pour le cheval
– Une faune et une flore locale préservée, à respecter, mais hostile sur certains côtés, à laquelle il fallait s’adapter (sol très acide, vent tempétueux à anticiper dans nos réflexions d’aménagement, …)
– L’eau avec le lac et l’océan à proximité,
Notre concept original de vacances à thème en camping prend ses racines là, dans les hommes et l’histoire avec l’idée novatrice de recréer une ville à la manière des pionniers du Grand Ouest Américain.


Dans le cadre de notre projet pédagogique, ce concept est fédérateur car il permet de :
– Montrer ce que les hommes peuvent apprendre de “l’intelligence” de la nature,
– Remettre en évidence la force d’apprentissage de l’individu qui, grâce à la connaissance humaine collective accumulée peut se suffire à lui même s’il prend soin d’acquérir et de conserver cette connaissance.

Ainsi, grâce au rêve généré par la grande épopée de l’Ouest, nous abordons les multiples facettes du développement de l’homme dans la nature et ses problématiques, au travers d’hébergements originaux, de décors dépaysants, d’activités ludiques, sportives et culturelles.
De fil en aiguille, de rires en pleurs, le Village Western est donc devenu cet établissement de tourisme familial proposant des séjours de vacances hors des sentiers battus.

Arnaud PEROUX

 

 

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